Carnet de voyage de Jean de septembre/octobre 2016

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✗ Voici quelques nouvelles de mon récent périple au Vietnam en septembre et octobre 2016, essentiellement à Kun Tum, une région paysanne de hauts plateaux au centre du Vietnam.

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Notre activité de soutien des paysans se développe fortement. J’ai repris les rencontres et les séances de travail avec les paysans. La base de notre action est devenue la ferme-école que nous accompagnons depuis plus d’1 an ½ maintenant. Plus de 10 emplois ont ainsi été créés. Cette ferme produit essentiellement des légumes selon l’agriculture organique (« presque bio »). Elle distribue en direct à des clients locaux par une boutique qu’elle possède en propre et à des clients et des partenaires situés dans des grandes villes comme Saïgon. Elle achète aussi des produits issus d’autres fermes de Kon Tum.  C’est une autre manière d’aider des paysans à s’en sortir mieux. La condition est que ces fermes respectent l’approche organique. Notre équipe Devenir soutient ces fermiers en leur apportant de la compétence et en réalisant certains travaux agricoles pour leur compte.

La ferme-école est donc à la fois productrice et vendeuse. Pour aller plus loin dans la constitution d’une véritable filière, maîtrisée par les paysans, j’ai commencé à travailler avec Nom, un jeune de mon équipe avec qui on va démarrer une activité de transformation comme les bananes séchées. On va construire un petit atelier de fabrication et développer la production (avec les produits des paysans) et les ventes. Je suis heureux de cette perspective qui permet d’augmenter les recettes et les marges pour les paysans. Nous aurons ainsi une filière complète de production, de transformation et de vente.

img_20160927_201643J’ai récemment fait un trek en montagne pour rendre visite à un des paysans que nous aidons parmi les 12 à ce jour pour cette année. C’est 12 familles, c’est-à-dire 200/250 personnes. Ce paysan est handicapé et a 7 enfants… ils sont évidemment très pauvres… et c’est la raison pour laquelle nous les aidons. On va d’ailleurs continuer à en soutenir d’autres !!! En l’occurrence, on l’aide à replanter des arbres fruitiers sur ses terrains en forêt en petite montagne (jusqu’à 800 mètres d’altitude).

Ainsi, nous permettons à tous ces paysans de se procurer un revenu supplémentaire. Grâce à leur travail. (Les agriculteurs vivent avec moins de 0,25€/jour et par personne. Une famille moyenne compte  9 -11 membres. Un terrain de 5 000m², propriété moyenne, procure un revenu annuel moyen d’environ 800 euros.) Je préfère vraiment cette démarche à celle qui consiste à leur donner de l’argent. En fait, il s’agit d’une démarche économique, accompagnée de transfert de compétences, qui autonomise et responsabilise. Je vérifie tous les jours que cette démarche est la plus pertinente.

J’ai rencontré également le nouveau curé du village pour le projet de construction du puits à Plei Klech. Il y avait là le chef de village qui est un des paysans que nous aidons. C’est vraiment un type bien et il est réellement demandeur. C’est pourquoi nous avons lancé la recherche de financement en France via la plateforme de financement participatif, Ulule.

J’ai aussi repris mes visites des familles de paysans que je connais bien. Comme celle de Tuan, ce garçon de 22 ans maintenant qu’on a aidé à guérir il y a 2 ans. Il est marié et a 2 petits enfants charmants. On va aider son épouse à élever des poulets pour en faire un commerce de vente de produits « bio ». C’est une famille extrêmement pauvre. Le père de Tuan est malade. Tuan lui-même ne peut pas travailler sous le soleil…

Sinon, j’ai continué d’aider un ou deux paysans à améliorer la gestion de leur business. Ce qui est un vrai apport pour eux : ils ne savent pas anticiper !!! et pour leur trésorerie, c’est un vrai problème…

A ce stade, je dois faire un commentaire à propos des paysans. Nous avons à faire à 2 catégories : les villageois qui n’ont pas fait d’étude. Ce sont eux que nous aidons à diversifier leur activité et à qui la ferme-école achète une part de leur de production. Et il y a toute une série de jeunes sortis de l’université (bac +4) que l’on trouve à la ferme-école et qui sont aussi dans mon équipe ou chez les partenaires de Saïgon avec qui je travaille. Je trouve parmi cette deuxième catégorie des jeunes volontaires, serviables, pas toujours très fiables dans la durée (c’est une spécificité ici…) et capable de projet, de vision. Bref des jeunes avec qui il est vraiment possible de travailler. Ils ont tous dans l’idée de faire évoluer leurs villages.

Enfin, à l’occasion d’un passage express à Saigon, j’ai fait la rencontre de quelques personnes vraiment intéressantes pour nos projets. J’étais notamment reçu par Bô, jeune femme de 40 ans totalement conquise par la « permaculture » et qui a créé un business d’achat et de vente de produits bio. C’est un excellente partenaire.

En somme des journées bien remplies et enrichies de ces belles rencontres et de ces activités gratifiantes. Dans le fond, ici la vie ici est assez dépouillée de « choses » encombrantes et portée par une puissante dynamique de construire, particulièrement des jeunes. C’est vivifiant. Loin de nos bases, c’est aussi une confrontation à soi-même enrichissante !

Toute mon amitié

Jean

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